Prévention des R.P.S. : la production des résultats (4/5)
Quelques pièges du chiffre
Dans la production des résultats, il faut veiller à ce que les chiffres ouvrent le débat plutôt que de le clore.
Du fait de l’intensification du travail entre 1980 et 2000, il est certain que la médiane de la distribution des scores de demande psychologique des salariés français en 2000 est largement supérieure à ce qu’elle était 20 ans avant.
En conséquence si l’on se réfère à des études un peu anciennes, on peut être amené à comparer ce qui n’est plus tout à fait comparable.
Un autre piège classique de l’approche chiffrée est l’effet « travailleur sain ». Dans une entreprise, plus les conditions de travail sont dures, plus les salariés vont essayer (ou vont devoir) changer de travail pour protéger leur santé et seuls les plus résistants, les plus en forme pourront rester.
Un bon exemple de ce type de mécanisme est fourni par la profession d’infirmière.
(Extrait de « L’approche chiffrée des risques psychosociaux : intérêts, limites et mise en œuvre pratique ». M. Niezborala* – In La souffrance au travail : Comment agir sur les risques psychosociaux. Eds Armand Colin, Paris 2010, 191 p.) * Médecin du travail et épidémiologiste. Le Dr Niezborala travaille depuis de nombreuses années sur l’utilisation des méthodes de la recherche scientifique pour l’intervention en entreprise. Il travaille en particulier sur l’utilisation des indicateurs en santé au travail, sur le risque psychosocial et sur les questions d’âge au travail.
