En période de confinement, faire face à la détresse psychologique (2/5)

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En période de confinement, faire face à la détresse psychologique

COVID-19 – Faire face à la détresse psychologique (2/5)

La crise sanitaire qui frappe le monde est, pour la plupart d’entre nous, une situation inédite et sans précédent, malgré cela, nous gardons notre capacité à agir, et c’est ce qui nous préserve le mieux de la panique psychique. Nous sommes tous des êtres singuliers ce qui fait varier à la fois notre regard sur les évènements (peur de la maladie et de la mort, peur du confinement, peur de la crise économique) mais aussi nos stratégies pour y faire face.

1- La maladie elle-même

Des épidémies, nous en avons tous déjà vécu, mais ce qui diffère aujourd’hui, c’est son aspect mondial et sa médiatisation. Au travers de ces images, nous sommes confrontés à la fragilité de notre espèce et à la conscience de notre rapport à la mort. Nous sommes tous touchés, y compris les jeunes professionnels de santé qui n’ont peut-être pas vécu d’autres épidémies et qui se sentent impuissants, affectés par des choix éthiques impossibles auxquels ils sont confrontés.

Pour ne pas céder à la panique, il est important de se référer à des éléments factuels. Beaucoup de chiffres circulent et même si ces nombres vous paraissent importants, en réalité nous sommes à un taux de mortalité faible (<1%)

Face à ces éléments chacun de nous met en place des systèmes d’évaluation à partir de ses propres filtres, ce sont ce que l’on appelle des biais. Par exemple, un biais de perception nous fait plus retenir une information négative que positive. Il est donc essentiel de ne pas multiplier les sources d’information anxiogènes et insuffisamment documentées pour ne pas se laisser submerger.

Nos conseils

  • – Limitez votre temps d’exposition aux médias et choisissez des sources fiables. (ESRI https://lnkd.in/e6aZi_f )
  • – Recentrez-vous sur vous, prenez soin de votre famille et des plus fragiles. Même à distance, restez en lien avec ceux que vous aimez et ceux qui ont besoin de votre présence.
  • – Si votre angoisse est trop forte et qu’elle vous submerge, N’hésitez pas à contacter un professionnel de santé ou de l’écoute (CMPP, psychologues …). Ils ont mis en place des consultations par téléphone ou en visio ce qui permet une écoute, en restant chez soi.

2- Le confinement

Nous ne vivons pas tous dans les mêmes conditions en cette période de confinement. Certains vivent en appartement dans une grande ville, seuls ou avec des enfants, des adolescents, ou des parents âgés d’autres sont confinés dans une maison avec jardin.La cohabitation intergénérationnelle 24h/24 est déjà difficile et quant à cela s’ajoute le télétravail cela peut être explosif.

Par exemple* : « je laisse traîner mes affaires et cela agace ma femme ».« Elle me le dit et je m’excuse » cela reste un conflit centré sur le comportement. Si je recommence, ma femme va dire « tu exagères, tu es égoïste et désordonné » je m’excuse encore car ma relation est plus importante que mon ego, c’est alors un conflit centré sur la personne, on peut le dépasser en s’excusant tous les 2. Si je recommence elle va s’énerver « tu n’écoutes rien, je me demande ce que l’on fait ensemble » c’est alors un conflit centré sur la relation. Il est compliqué d’en sortir indemnes car les deux parties sont très affectées. Il faut apprendre à formuler ce que l’on ressent avec calme. La Communication Non Violente (CNV) est une solution pour nous aider. Pour cela, il est aussi bon de savoir s’isoler 1h par jour, avoir un petit espace pour soi, loin des contraintes. Prendre du recul pour pouvoir ensuite mieux se rapprocher de son entourage.

D’autres prennent conscience que l’absence d’activité professionnelle ou le manque de lien social les met face à un vide qu’ils ont du mal à accepter…ou à remplir…

Pourtant retrouver du temps, n’est-ce pas une des meilleures choses que nous apporte ce confinement ? Du temps pour lire, écouter de la musique, visionner des films, jouer avec ses enfants, pratiquer une activité physique (gymnastique, yoga). Surtout, reprendre de vraies relations avec ceux que nous aimons même si c’est à distance. Et enfin du temps pour vous, pour réfléchir, contempler et rêver. On a le droit de ne rien faire.

Les premiers jours peuvent paraître faciles à vivre. Mais rester confiné sur la durée n’est jamais simple, c’est une situation inédite – extraordinaire – qui remet en cause nos habitudes et celles de nos proches.

L’analyse des effets du confinement en Chine a montré des niveaux d’anxiété très forts et même du stress équivalent à celui que l’on rencontre après un traumatisme grave ou des dépressions pour une partie de la population (infographie de pseeko). Les études réalisées montrent que les personnes souffrent moins si elles savent activer des facteurs modérateurs.

(Infographie téléchargeable et diffusable à vos équipes)

Les conseils qui suivent permettent d’atténuer l’impact de ce stress. Ils sont, pour la plupart, élaborés à partir d’études réalisées par les militaires soumis à ce risque lors des longues périodes de confinement dans les sous-marins.

Nos conseils

  • Importance des routines : Gardez un rythme de vie planifié avec des horaires précis, des temps de travail et des temps de pause, habillez-vous comme pour une journée de travail. Cela permet de garder l’esprit tourné vers l’action plutôt que la rumination d’éléments négatifs.
  • Restez au plus proche de votre rythme biologique : profitez-en juste pour dormir plus et récupérer le sommeil en retard. C’est aussi l’occasion de mieux vous alimenter, en cuisinant plus simple et avec des aliments frais.
  • Maintenir une activité physique : faites le ménage, privilégiez les escaliers à l’ascenseur, pratiquez la gymnastique type renforcement et gainage (de nombreux tutoriels existent), continuez à faire entre 5 et 10 000 pas/jour, si vous le pouvez. L’activité physique aide à mieux accepter les pics de stress.
  • Partager nos émotions et renforcer nos liens sociaux sont probablement les conseils les plus importants car, même éloignés ils nous permettent de garder un lien. Alors appelez vos proches, votre famille, vos amis, vos voisins. Apprenez à mettre des mots sur vos émotions et à échanger les bonnes pratiques des autres. Testez les apéro (avec ou sans alcool) à distance (par FaceTime ou skype ou autre…) !
  • Pouvoir rassurer les enfants : c’est être en capacité, face à cette situation nouvelle, de montrer l’exemple et les rassurer sans leur mentir. Véritables éponges ils perçoivent votre façon de réagir face au stress, les tensions qui sont présentes au domicile et cela les affecte forcément.
  • Parler avec eux de ce qu’ils ressentent mais aussi de ce que vous ressentez. Faites leur prendre conscience des répercussions, des tensions non exprimées, sur notre tête, notre cœur et notre corps. C’est par l’échange et la co-construction avec les autres que nous trouvons les ressources pour faire face. Là aussi, vous trouverez des tutoriels ou des vidéos sur Youtube qui vous donneront de précieux conseils, pour eux comme pour vous-même.

3- La crise économique à venir

Cette maladie et le confinement généralisé, avec les fermetures de commerces, de lieux culturels et publics qu’elle entraîne, touchent déjà de nombreuses entreprises (TPE, PME). Cette situation inédite par son ampleur va enrayer un temps l’économie mondiale. Comme après un conflit armé, il va falloir du temps pour reconstruire. Il y aura probablement plus de morts d’entreprises que de pertes humaines. Malgré les discours rassurants de nos dirigeants, les salariés redoutent de perdre leur emploi. Chaque salarié mesure à son niveau que la situation de nombreuses entreprises (perte sèche du chiffre d’affaires, charges et frais qui continuent à peser) ne pourra pas perdurer au-delà de quelques semaines. Pourtant, chacun à notre niveau nous pouvons agir et pourquoi pas réfléchir à des projets qui nous tiennent à cœur ou à de nouvelles orientations.

Nos conseils

  • Restez concentrés sur le travail : vous pouvez en profiter pour vous former (sur les outils digitaux en particulier et tout ce qui peut développer votre employabilité), améliorer vos méthodes, vos process d’équipe, pour être prêt lorsque l’activité économique reprendra après la fin du confinement.
  • Inventez de nouvelles façons de travailler : adaptabilité, créativité sont les mots-clefs en cette période, cette expérimentation permettra d’élaborer de nouvelles façons de travailler ensemble.
  • Pour les entreprises : vous pouvez mettre à disposition de vos salariés, une cellule de soutien psychologique (Cf. www.pros-consulte.com, contactez-les de notre part, vous y aurez le meilleur accueil).

*Merci à Adrien Chignard, psychologue du travail pour cet exemple repris de son compte Linkedin

BETTER HUMAN Cie, membre du Groupe ADH

TOULOUSE : 56 Rue Benjamin Baillaud, 31500 TOULOUSE – France

PARIS : 33 Rue de Naples, 75008 PARIS – France

Téléphone : +33(0)5 61 50 61 87

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Société habilitée IPRP intervenant en prévention des risques professionnels

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